Un chiffre suffit pour changer le regard que l’on porte sur son propre corps : 1 homme sur 2 en France présente un surpoids ou une obésité selon Santé Publique France. Les kilos en trop ne sont pas qu’une question d’apparence ; ils pèsent lourd dans la balance des maladies cardiovasculaires, du diabète ou de certains cancers. Modifier ses habitudes, c’est bien plus qu’une question d’esthétique : il s’agit de préserver sa santé. Les régimes, eux, se multiplient avec ce même objectif en tête : maintenir un poids cohérent avec sa taille, ce fameux « poids de forme » ou « poids idéal ». Mais derrière ces termes, que recouvrent-ils vraiment ? Comment s’y retrouver dans la jungle des formules de calcul et, surtout, comment atteindre ce fameux équilibre ?
QUEL EST LE POIDS DE FORME POUR UN HOMME ?
On parle souvent de « poids de forme », ce cap à viser pour préserver son bien-être et réduire les risques liés au surpoids. Garder une corpulence adaptée à sa morphologie permet d’éviter les soucis articulaires, de limiter le risque de diabète et de maintenir un cœur en pleine forme.
Définir son poids de forme : une histoire personnelle
Impossible d’imposer un chiffre universel : le poids de forme varie d’un individu à l’autre. Il évolue avec l’âge, les événements de la vie, ou encore la génétique. En réalité, il s’agit du poids où l’on se sent bien, celui qui ne demande ni privation, ni régime drastique pour être maintenu. Le poids de forme, c’est avant tout une sensation de confort dans son corps.
Mais les disparités morphologiques sont réelles. Métabolisme, ossature, hérédité : ces paramètres influencent la silhouette dès la naissance. Par exemple, un homme à la carrure large ne deviendra jamais filiforme, même avec la meilleure volonté du monde. Vouloir forcer sa nature expose à des dangers, bien loin de l’idée de santé ou de performance.
Poids de forme, poids idéal : nuances et distinctions
Ces deux notions se recoupent, mais ne sont pas synonymes. Le poids idéal désigne généralement une moyenne théorique à laquelle le risque de maladies liées au surpoids est réduit. Le poids de forme, lui, s’approche plutôt du point d’équilibre où l’on se sent en pleine possession de ses moyens, à l’image des athlètes au sommet de leur carrière.
COMMENT LE CALCULER ?
Deux personnes de taille et de silhouette similaires n’affichent pas forcément le même poids de forme. Pourtant, il existe quelques repères chiffrés pour s’orienter.
La méthode la plus répandue repose sur l’IMC (Indice de Masse Corporelle). Ce calcul consiste à diviser le poids (en kilos) par la taille au carré (en mètres). Voici comment interpréter les résultats obtenus :
- Un résultat inférieur à 18,5 traduit une maigreur.
- Une valeur comprise entre 18,5 et 25 indique une corpulence normale.
- Entre 25 et 30, on parle de surpoids.
- De 30 à 35, il s’agit d’une obésité modérée.
- Entre 35 et 40, l’obésité est considérée comme sévère.
- Au-delà de 40, on atteint le stade d’obésité morbide.
Autre possibilité : la formule de Broca. Il suffit de soustraire 100 à sa taille (en centimètres) pour obtenir un poids de référence. Ainsi, pour 1m60, la formule suggère 60 kg (160-100). Simple, mais pas toujours adaptée à tous les profils.
Attention toutefois : ces méthodes trouvent vite leurs limites, notamment chez les sportifs. Une masse musculaire élevée fausse le calcul, car le muscle pèse plus lourd que la graisse à volume égal. Le résultat n’est alors pas représentatif de la composition corporelle réelle.
Atteindre son poids de forme : mode d’emploi
Réguler son poids, c’est d’abord une question d’alimentation. Un homme trop mince pourra augmenter son apport calorique, à condition de privilégier des aliments variés et de bonne qualité. À l’inverse, en cas de kilos superflus, il est recommandé de réduire la consommation de sucres rapides, d’adopter une alimentation équilibrée, de privilégier les plats faits maison, d’opter pour un régime végétarien ou végétalien si cela correspond à ses convictions, et surtout, de bouger davantage.
Pour y voir plus clair, voici les points à surveiller au quotidien :
- Manger à heures fixes, sans sauter de repas
- Choisir des féculents pour leur richesse en fibres
- Privilégier l’eau comme boisson principale
- Préférer les bonnes graisses pour la cuisson
- Limiter autant que possible les produits « allégés », souvent riches en sucres cachés
Mieux vaut s’ancrer dans des habitudes durables que de céder à la tentation des régimes miracles. Un changement progressif, associé à une activité physique régulière, donne de bien meilleurs résultats sur la durée.
Comment calculer son poids idéal ?
Les formules pour estimer son poids idéal ne manquent pas. L’IMC et la formule Broca restent des références, mais pour affiner le diagnostic, il faut aussi tenir compte de la masse musculaire, de l’ossature, de la circonférence des membres ou du taux de graisse corporelle. Le chiffre obtenu reste donc un repère, non une injonction. D’une formule à l’autre, le résultat peut varier sensiblement.
La méthode Creff : affiner l’évaluation
Dans les années 1970, le professeur Creff a développé une formule qui intègre non seulement la taille, mais aussi l’âge et la morphologie. Cette méthode, réputée plus précise, ne distingue pas entre hommes et femmes, mais exige d’évaluer sa propre morphologie avec objectivité.
Voici comment adapter la formule selon sa morphologie :
- Taille (cm) – 100 x 0,9 pour une morphologie normale
- Taille (cm) – 100 x 0,9 x 1,1 pour une ossature large
- Taille (cm) – 100 x 0,9 x 0,9 pour une silhouette fine
La formule de Lorentz, quant à elle, ressemble à celle de Broca mais tient compte du sexe et de l’âge.
- Taille (cm) – 100 pour un homme
- Taille (cm) – 100 pour une femme
Exemples concrets : cas pratiques selon la taille
Pour un homme mesurant 1m60, l’IMC recommande un poids compris entre 47,5 kg et 64 kg. Avec la formule Lorentz, on obtient 57,5 kg. En utilisant la méthode Creff, un trentenaire à la silhouette fine peut viser entre 51 kg et 56,1 kg, une morphologie moyenne entre 56,7 kg et 62,4 kg, et une carrure large entre 62,4 kg et 68,6 kg.
À 1m72, l’IMC suggère une fourchette de 55 kg à 73 kg. Pour un homme de 50 ans, la méthode Creff fixe l’objectif entre 62,4 kg et 68,6 kg pour une morphologie fine, entre 69,3 kg et 76,2 kg pour une morphologie moyenne, et entre 76,2 kg et 83,9 kg pour une ossature large.
Pour un homme de 1m80, l’IMC propose un intervalle de 60 kg à 81 kg. La formule Lorentz, elle, indique un poids idéal allant de 72,5 kg à 79,8 kg.
Chez les femmes, ces repères changent. Une femme de 1m78 affichera un poids idéal, selon l’IMC, entre 59 kg et 79 kg, et selon la formule Lorentz, entre 66,8 kg et 73,5 kg.
Les chiffres s’alignent, divergent parfois, mais offrent un cadre pour mieux comprendre son propre corps. Garder à l’esprit que ni la balance ni la calculette ne devraient dicter toute votre vie. L’objectif : viser l’équilibre, celui qui permet de se sentir bien, en mouvement, prêt à profiter pleinement de chaque jour.

